Silurus glanis (Linné, 1758)

Famille

Mensurations

Taille : 1 - 5 m
Poids : 30 - 40 kg
Longevité : 15 - 40 ans

Reproduction

Maturite sexuelle : 3 - 4 ans chez les mâles ; 4 - 5 ans chez les femelles
Priode reproduction : mai - juin
Nombre d'ovocytes : 20 000 - 30 000/kg

Régime alimentaire

Omnivore

Migration

Plusieurs dizaines de kilomètres

Contexte : "cyprinicole"


Caracteristiques morphologiques

Le silure a un corps allongé, large et trapu dans sa partie antérieure, aminci et comprimé latéralement dans sa partie postérieure. Sa peau, dépourvue d’écailles et recouverte d’un abondant mucus, lui confère un toucher visqueux. C’est un poisson de couleur sombre au dos noirâtre à brun verdâtre, aux flancs marbrés de couleur sombre et au ventre plus clair.

Habitat

Cette espèce affectionne les eaux calmes, troubles et profondes, eutrophes, des cours d’eau à courant lent (« zone à brèmes »), des bras morts, des lacs et retenues à fonds vaseux et accidentés. Ses postes seraient les fosses, les abords des piles de pont, les berges creuses, les grosses roches et les zones d’herbiers et de branchages immergés. Il supporte les eaux saumâtres. C’est donc une espèce rustique effectuant des déplacements notables dans les cours d’eau.

Activite et alimentation

Relativement grégaire, le silure vit en petits groupes, surtout pendant la phase juvénile. Son activité est crépusculaire et surtout nocturne : il remonte alors vers la surface pour chasser. Sensible aux faibles températures, il hiberne. Le silure possède une bonne capacité de dispersion et de colonisation de nouveaux milieux. Le silure est un prédateur vorace et opportuniste qui s’attaque sans distinction à toutes les espèces de poissons (gardon, brème, poisson-chat…) mais aussi aux grenouilles, aux oiseaux (poule d’eau…) aux mammifères (jeunes ragondins…), finalement à toute nourriture animale, vivante ou morte.

Reproduction

La ponte a lieu par couple. Les œufs sont déposés, de nuit, dans une cuvette de sédiments sablo-vaseux située parmi les roseaux, souvent au niveau de racines d’arbres (saule, aulne…) préparée puis gardée par le mâle. Les œufs, collés aux racines, sont gardés par le mâle ; celui-ci élimine la vase et les particules sédimentaires déposées sur les œufs et renouvelle l’oxygène à leur niveau par les battements de ses nageoires pectorales. La croissance est rapide, surtout en eau chaude (2 à 3 kg par an à 25 °C).

Place peuplement

C’est un régulateur écologique dans la gestion piscicole des étangs et des plans d’eau en raison de son aptitude à exploiter le poisson fourrage et à éliminer les poissons les plus faibles ou malades. Il pourrait avoir un rôle bénéfique dans la limitation des populations de gros cyprinidés, notamment de brèmes. Il exerce une prédation sur de nombreuses espèces, notamment une prédation supposée excessive sur les poissons d’intérêt halieutique ou de pisciculture d’étangs, quand bien même aucune modification ni perturbation des équilibres naturels n’ait été relevée. En termes de compétition, il se montre d’une supériorité incontestable sur les prédateurs autochtones (perches, brochets).

Répartition

Dans le bassin Artois-Picardie, cette espèce est de plus en plus souvent pêchée (Escaut, Sambre, Lac du Val Joly, Somme, Étang du Pont Rouge), mais sa répartition reste mal connue.


Intérêt halieutique

C’est un animal d’élevage et une espèce de grande valeur halieutique (poisson « trophée »). Il a aussi une forte valeur marchande et un grand potentiel de valorisation des sites d’élevage.

Menaces

La croissance rapide et les grandes tailles atteintes par les individus impliqueraient l’application de mesures de gestion spécifiques aux populations de silures. Son impact sur les autres espèces (poissons, écrevisses) devrait faire l’objet de suivis.

Saviez-vous ?

Le silure glane est un poisson typique de l’Europe centrale. De nombreuses introductions ont été réalisées au cours de la seconde partie du XIXe siècle dans le cadre des activités de pisciculture. En France, il a été introduit en Alsace, entre 1860 et 1885. L’introduction de juvéniles issus d’individus naturalisés a permis la colonisation du réseau de la Saône et du Rhône.

Statuts réglementaires

Statut liste rouge UICN. Monde : préoccupation mineure France : non applicable (espèce introduite) Législation concernant l’espèce. Annexe III de la convention de Berne Il a le statut d’espèce acclimatée stable ou en extension dans le « Livre rouge des espèces menacées de poissons d’eau douce de France et bilan des introductions ».

Attribution des images: FNPF – Laurent Madelon.