Anguilla anguilla (Linné, 1758)

Famille

Mensurations

Taille : 50 - 100 cm
Poids : 0,5 kg - 3 kg
Longevité : 18 - 20 ans

Reproduction

Maturite sexuelle : mal connue
Priode reproduction : méconnue
Nombre d'ovocytes : méconnu

Régime alimentaire

Omnivore à tendance carnivore

Migration

Catadrome

Contexte : "cyprinicole", "salmonicole"


Caracteristiques morphologiques

L’anguille occupe une place particulière parmi les poissons d’eau continentale, car son corps serpentiforme et sa capacité à supporter durablement l’émersion lui confèrent une image « mystérieuse et diabolique ». Il existe de nombreuses zones d’ombre sur son cycle biologique. La larve marine, dite « leptocéphale » est transparente et allongée en forme « de feuille de saule ». À l’approche des estuaires, elle se métamorphose et passe au stade « civelle ». Le corps se colore ensuite en quelques semaines dans les eaux douces, elle devient alors anguille « jaune ». Celle-ci a le dos brun olive et le ventre jaune et est alors recouverte d’une peau épaisse et visqueuse. Ce poisson n’a pas de nageoires pelviennes, ses autres nageoires sont de forme ovale. Lors de la migration de reproduction (dévalaison de la rivière vers la mer), pour s’adapter à la vie marine, l’anguille subit à nouveau une multitude de transformations physiologiques et morphologiques, sa peau s’épaissit et elle se pare de reflets argentés sur les flancs et le ventre ; on parle à ce stade d’anguille « argentée ».

Habitat

L’anguille colonise tous les milieux tels que les marais, les rivières, les plans d’eau qui sont accessibles depuis le milieu marin ou les estuaires d’eau saumâtre. Durant sa phase anguille jaune, elle vit cachée la journée (lucifuge), là ou un obstacle ou un trou peut l’abriter, sous des pierres, dans le sédiment, dans des infractuosités en berge. On qualifie ce comportement de « cryptique ». Elle passe l’hiver enfouie sous les sédiments fins et le sable.

Activite et alimentation

L’anguille se déplace par ondulation avec une grande agilité dans l’eau. Elle a été supposée capable de se déplacer hors de l’eau, sur de courtes distances (remontée des anguilles, au stade civelle, de la mer vers les eaux douces) ; Il est démontré scientifiquement que cette capacité de reptation plus importante ne concerne que les civelles et anguillettes. Son rythme biologique est principalement nocturne tant pour la migration que pour l’alimentation. Elle se nourrit principalement d’organismes vivants dans les fonds. C’est une espèce opportuniste extrêmement prédatrice. Néanmoins, elle conserve tout au long de son cycle biologique une alimentation planctonique, qui faciliterait les infestations parasitaires. Les anguilles argentées ne s’alimentent pas pendant la dévalaison.

Reproduction

Aucune reproduction n’a pu être observée mais on suppose que l’anguille se reproduit dans les Grands fonds de la mer des Sargasses. La période de reproduction aurait lieu en hiver et au printemps. Les données concernant la maturation sexuelle et la ponte restent mal connues. À l’éclosion, les larves aveugles (leptocéphales), remontent dans les eaux superficielles et sont portées par le courant du Gulf stream jusqu’aux côtes européennes. Cette migration dure de 7 à 12 mois et s’effectue « par portée ». À l’approche des estuaires, elles mesurent 6-7 mm et se transforment en civelles. Devenues « anguillettes » après migration estuarienne dans les eaux continentales, les jeunes anguilles poursuivent leur migration vers l’amont des rivières puis deviennent des « anguilles jaunes ». La phase de croissance en eau douce a une durée de 6 à 12 ans pour les mâles, de 9 à 20 ans pour les femelles. La phase de croissance s’achève avec une seconde métamorphose en « anguille argentée », qui précède la dévalaison de l’amont des rivières vers les estuaires, puis les profondeurs de la mer des Sargasses.

Place peuplement

L’anguille domine la chaîne alimentaire de nos cours d’eau, c’est un prédateur. Longtemps considérée comme « nuisible » dans les cours d’eau de 1re catégorie, l’anguille fait l’objet d’une pêche intensive à tous les stades de son cycle biologique.

Répartition

L’anguille est une espèce autochtone partout en France, et dans le bassin Artois–Picardie ; ses effectifs sont en nette diminution dans plusieurs fleuves côtiers de la Somme et du Pas-de-Calais.


Intérêt halieutique

Ayant une haute valeur gastronomique, l’anguille est très recherchée. Les amateurs la capture au stade « anguille jaune », avec des techniques spé- cifiques de pêche nocturne, appelées houppe, pelote ou vermée (pêche de nuit qui a depuis été interdite). De plus, outre la pêche professionnelle de la civelle en estuaire, il existe une pêche commerciale de l’anguille argentée (ex. les Anguillères de la Haute Somme).

Menaces

La population d’Anguille Européenne est en voie critique d’extinction (la quantité de géniteurs vivants dans les bassins versants a diminué de 75 % -source ONEMA). Les facteurs anthropiques tels que les aménagements d’ouvrages hydrauliques en travers des rivières, une forte pression de pêche (professionnelle et amateur) à tous les stades de son développement biologique, la dégradation des habitats, la disparition des zones humides, la détérioration de la qualité de l’eau qui conduit à une accumulation de polluants dans les graisses ont des conséquences (directes et indirectes) sur sa phase de croissance en eau douce, sur ses capacités à dévaler vers la mer pour rejoindre son aire de ponte et sur sa reproduction. De plus, la contamination de l’anguille européenne par le parasite Anguillicoloides crassus, contribue aussi au déclin de la population.

Saviez-vous ?

Les prix de vente des civelles oscillent entre 150 et 200 euros le kilogramme ; on relève même le prix record de 1 000 euros. Sachant qu’il faut environ 2 900 alevins pour obtenir un kilo, les pêcheurs prélèvent un nombre important de civelles qui n’atteindront jamais l’âge adulte et n’iront donc pas se reproduire.

Statuts réglementaires

Statut liste rouge UICN. Monde : en danger critique d’extinction France : en danger critique d’extinction Législation concernant l’espèce : règlement R (CE) n°1100/2007 du Conseil des ministres du 18 septembre 2007, publié au Journal officiel de l’Union européenne du 22 septembre 2007.

Attribution des images: FNPF-Laurent Madelon.